La légion d'honneur de M Guerriau est elle vraiment à son honneur ?
Tout le monde aura pu apprendre, par les journaux locaux ou le magazine municipal, que notre maire a été décoré de la légion d’honneur, par le premier ministre, en personne, à Matignon.
D’aucuns apprécieront, en estimant, que le prestige de cette décoration rejaillit sur la commune toute entière. D’autres se gausseront du goût immodéré du maire pour les médailles, en se souvenant du ridicule de ces généraux soviétiques tellement décorés qu’ils se prenaient les pieds dedans…
Mais, l’événement mérite d’être vu sous un autre angle, celui de la citoyenneté, dont notre association a fait son objet.
En effet, depuis le début de l’année 2010, un certain nombre de personnalités, qui se sont illustrées notamment dans le journalisme, la recherche ou les causes caritatives, ont décidé, publiquement, de refuser la légion d’honneur, que le pouvoir sarkoziste entendait leur attribuer pour récompenser leur engagement.
Ainsi, le philosophe Jacques Bouveresse, professeur au Collège de France a déclaré qu’il ne pouvait accepter une distinction de la part d’un gouvernement « ..dont tout me sépare radicalement et dont la politique adoptée à l’égard de l’Education Nationale et de la question des services publics en général me semble particulièrement inacceptable. »
Ainsi encore, le médecin Anne Marie Gouvert, responsable de missions humanitaires au Kurdistan, au Rwanda et au Sud Liban, qui a refusé la distinction pour protester contre la vague répressive et les expulsions de Roms cet été et ainsi pouvoir « rester la tête haute ».
Ces exemples s’inscrivent dans un mouvement qui prend de l’ampleur où des citoyens assument pleinement leur citoyenneté en refusant une distinction, pourtant pleinement méritée, pour protester contre un gouvernement qui remet en cause les fondamentaux républicains de l’école, de la santé, de la retraite, des services publics et qui conduit, à l’égard des Roms, une politique discriminatoire qui a valu à la France d’être mise à l’index par l’union Européenne.
Le maire de Saint Sébastien, lui, a accepté cette distinction, sans apparemment aucun problème de conscience. C’est son droit, mais qu’en est il de la justification de cette médaille ? Selon le premier ministre qui la lui a décernée, elle vient couronner « Une carrière exemplaire doublée d’un engagement politique innovant et humaniste » …
Humaniste ? Diantre ! Un homme qui ferme le centre socio culturel René Couilleau sans aucune explication crédible, en privant les sébastiennais, notamment les plus modestes des services qu’il leur offrait (et au passage des subventions que le conseil général et la CAF lui versaient) en désavouant les responsables bénévoles qui le faisaient vivre et surtout, en mettant au chômage les sept salariés qui s’étaient dépensés sans compter, salariés toujours au chômage avec les drames familiaux que l’on peut imaginer derrière ! Quel drôle de conception de l’humanisme !
Il est vrai toutefois, que sur l’engagement politique innovant, notre maire a été très innovant, puisqu’au niveau des élections municipales, il proclame la main sur le cœur qu’il est apolitique, pour pouvoir se faire élire par les Sébastiennais, puis se présente « sans étiquette » aux élections du Conseil général pour rejoindre immédiatement les rangs de l’opposition UMP, divers droites, puis enfin devient, en catimini, le responsable départemental du Nouveau Centre, parti qui soutient activement le gouvernement actuel et sa politique. En ce sens il a certainement mérité amplement d’être décoré en personne par le premier ministre dans les lustres de Matignon…
Il reste pour nous que tout cela ne correspond pas à notre idée de la citoyenneté. Il n’est pas très citoyen en effet de cacher son appartenance politique pour se faire élire. Il n’est pas très citoyen de cacher à ses concitoyens que l’on soutient activement une politique qui remet en cause les fondamentaux républicains de l’école, de la santé, de la retraite, des services publics..
Mais il n’est pas étonnant alors que ce maire supprime le centre socio culturel René Couilleau, qui représente un de ces services publics qui sont dans le collimateur du gouvernement.