
C'est une petite trentaine de personnes qui se sont retrouvées ce jeudi 15/09 autour de l'association CAP à gauche pour réfléchir et débattre de la place du citoyen dans une grande métropole comme Nantes en 2030. Si on peut regretter une participation moyenne en nombre, la teneur du débat et la richesse des échanges ont été de qualité et intéressants.
- Un état des lieux tout d'abord
La première question posée, a été d'interroger le fonctionnement de la démocratie participative aujourd'hui à l'échelle de la métropole:
Un premier constat s'impose quand à la difficulté d'identifier les structures dites de démocratie participative à cette échelle. Une partie de l'assistance a bien connaissance du Conseil de développement mais beaucoup de question autour de cette instance: Comment fonctionne ce conseil? Comment est-il constitué? Qui peut y participer? Quels sont ses objectifs, ses missions? Ce conseil est au final vu comme peu abordable et encore trop institutionnel (associations reconnues et désignées, grandes institutions économiques ou sociales...)
Aussi est soulevé le besoin de transparence et d'informations au niveau de l'agglomération. Les débats portés par la métropole sont jugés trop loin du citoyen. Les questions étudiées, les choix et décisions prises sont souvent peu connus: De quoi discute t-on à Nantes métropole? Quels sont les choix à faire? En fait, les enjeux restent trop souvent inconnus du citoyen.
Un deuxième constat a été de dire que la démocratie participative est plutôt vécue à l'échelle des communes
Mais chacune à son propre fonctionnement, sa propre pratique. On peut retrouver des instances similaires ou qui se ressemblent mais il existe encore une très forte variabilité. De plus, ces instances sont trop souvent contrôlées par les municipalités (mode de désignation, choix des thèmes etc...) Ce manque d'unité sur l'agglomération ne facilite pas ensuite une expression citoyenne « commune » à l'échelle de la métropole.
Enfin, le phénomène de la pétition s'accroit dans beaucoup de villes
Cette multiplication des pétitions, souvent en désaccord avec un aménagement, révèle « le manque de démocratie participative » et souligne cette « démocratie d'opposition ». Deux réflexions alors autour de ce phénomène:
Ces démarches soulignent le souci individuel au dépend d'une pensée plus collective, de l'intérêt général
et surtout, l'échec des instances participatives et/ou le manque d'espace de parole et de concertation.
A partir de ces premiers constats, il a été intéressant de re-situer ce qui pouvait être attendu d'une démocratie participative
Quelle idée de la démocratie participative? Quelle place pour le citoyen?
Démocratie participative et démocratie représentative
Si la démocratie participative permet bien au citoyen de s'exprimer avant la décision, c'est par la démocratie représentative et par l'intermédiaire de l'élu que se prend la décision. Aussi c'est dans la relation entre ces deux moments, ces deux temps que l'on peut mesurer l'état de la démocratie. Aujourd'hui, on assiste au développement d'une tendance privilégiant le duo élu/expert ou technicien qui ne laisse pas ou peu de place aux citoyens. Ce phénomène est ressenti encore plus fort à l'échelle de la métropole où le technicien semble même parfois dépasser l'élu.
- D’où la nécessité de donner de l'information, de créer et de provoquer de la rencontre pour permettre du débat et de la confrontation avant la décision (évitant ainsi le recours à « la pétition d'opposition »)
A quelle échelle favoriser la parole du citoyen?
Dans l'assistance, la notion de « quartier » semble importante; celle ci peut être vécue sous forme de village comme à Vertou ou par un attachement à un quartier bien identifié comme c'est le cas dans certains quartiers de Saint Sébastien. L'échelle du quartier reste donc la plus pertinente pour mobiliser les habitants
Ensuite en fonction du contenu du débat et de l'enjeu, la réflexion et la concertation doit être étendue. Une question d'aménagement de transport inter-urbain par exemple, peut se débattre pour partie à l'échelle du quartier (entre autre les impacts sur le quartier) mais c'est à une échelle plus importante que doit se mener la réflexion.
A partir de ces échanges, se pose alors la question du lien avec Nantes métropole et des élus qui y siègent
L'élu, au cœur du bon fonctionnement de la démocratie participative:
Si la démocratie participative est affaire de proximité, la gestion d'une métropole de type Nantes est de plus en plus complexe même pour les élus qui peuvent parfois se décharger sur les services et les techniciens. C'est pourquoi, s'inscrire dans une démarche de démocratie participative nécessite de la part de l'élu de dégager du temps disponible tant pour faire passer l'information à ses concitoyens, pour rendre les dossiers d'experts compréhensibles que pour être à l'écoute des attentes , de la parole et des souhaits des habitants.
L'élu est la clé de voute du trio expert/technicien, élus et citoyens. Une réflexion s'engage alors sur les modes d'organisation d'une démocratie participative à l'échelle de la métropole.
Comment faciliter l'action du citoyen à l'échelle d'une métropole comme Nantes en 2030?
Quels élus au niveau de la métropole?
Faire de la démocratie, une démocratie vivante et participative exige de la part des élus une véritable écoute et donc une disponibilité. La réflexion s'engage alors dans la salle sur la volonté politique et sur la nécessaire remise en cause du cumul des mandats.
Par ailleurs, le mode de désignation des élus au conseil de Nantes Métropole ne doit-il pas être discuté. D'autant plus que s'annonce une réforme territoriale renforçant les compétences des métropoles. Aujourd'hui, le conseil de Nantes Métropole est désigné par le biais de l'élection municipale et donc au « suffrage indirect »; il apparaît alors nécessaire de clarifier ce mode de désignation: au minimum que cette désignation soit rappelée lors du scrutin municipal soit que les équipes en lice se positionnent sur leur projet métropolitain. Dans tous les cas, il faut en finir avec le discours « ce n'est pas nous, c'est Nantes Métropole » et avoir des élus capables de rendre des comptes sur leur action métropolitaine.
Pour une démocratie participative plu efficace
Il est nécessaire de favoriser l'expression du citoyen quel qu'il soit. Cela passe avant tout par une éducation à la démocratie participative et à la vie associative mais aussi par le besoin de créer du temps de parole et des espaces pour que puisse s'exprimer cette parole. Sans en faire l'outil ultime, se pose la question de la place des nouvelles technologies dans ce dispositif.
Enfin comment permettre à tous de participer?
Constatant la composition par âge et par CSP (catégories socioprofessionnelles) de l'assistance présente à notre réunion-débat s'est posée la question des modes d'organisation de la démocratie participative. L'organisation de « la traditionnelle réunion publique » ne semble pas convenir aux plus jeunes qui ne sont pas pour autant désintéressés par l'action citoyenne. Comment amener une génération , plus que nous adultes, concernée par l'horizon 2030 à s'emparer de ce débat.Il semble toutefois que collèges et lycées peuvent être également des lieux de réflexions, débats et de formation d'esprits critiques pour permettre l'expression des plus jeunes.
De même comment assurer une plus grande expression des femmes? Enfin comment rendre la parole aux catégories sociales les moins armées et peu impliquées dans ces démarches. Il faut être plus imaginatif pour favoriser toutes les paroles et ce en redonnant sa place à une culture plus active et moins consumériste par le biais des centres socioculturels et des organismes d'éducation populaire qui bien qu'un peu malmenés ces dernières années restent des outils toujours d'actualité et « modernes ».
Ce compte-rendu a été réalisé par le groupe de travail « démocratie participative » de l'association Saint Sébastien CAP à Gauche. Il présente et met en forme les grands thèmes abordés en cherchant à tenir compte le plus possible des différentes interventions .


