« Agir contre la précarité »
Compte rendu du débat public du 10 Mars 2012
les intervenants :
- Monsieur Landier, adjoint à la
Solidarité et au logement de la ville de Rezé.
- Monsieur Autes responsable du
CCAS de Rezé,
- Madame Bigeard, adjointe à la solidarité et au logement de la
ville de Bouguenais,
- Monsieur Hazard, responsable du Secours populaire de Saint
Sébastien,
- des bénévoles du Secours Catholique, des Restos du Coeur, des
actions Jardin'Age et du Point Café.
Un peu plus d’une trentaine de
participants(es) sont présents.
Rappel
des objectifs de l’association :
Participer à la vie de notre cité c'est à dire:
- Etre à l'écoute
des personnes qui nous entourent
- Se saisir de
leurs questions, de leurs préoccupations, de leurs aspirations,
- Donner la parole
aux citoyens,
- Penser la ville
aujourd'hui et demain
- Informer, échanger,
construire des projets, susciter l'envie d'être acteur au quotidien.
- Pour Cap à Gauche
faire de la politique c'est tout cela.
Des
commissions sont organisées au sein de Cap à Gauche dont la commission « Vie
sociale » qui a organisé le débat
En introduction
A
Saint -Sébastien comme partout la précarité est en augmentation. De plus en
plus de familles monoparentales, de jeunes, des salariés pauvres, de retraités
sont dans des situations sociales, psychologiques et financières difficiles.
Des
villes, des associations mettent en place des actions pour répondre aux besoins
vitaux des personnes en situation de précarité. La santé, les besoins alimentaires,
rester acteur de sa vie et maintenir le lien social sont les points abordés à travers les différents témoignages.
-
Monsieur Landier, témoigne que la Ville et le CCAS de Rezé sont très
engagés au niveau de la précarité.
Il rappelle qu'il existe : une aide alimentaire,
énergétique celle-ci étant de plus en plus sollicitée face à l'augmentation du gaz,
de l'électricité et de l'eau. Il va s'attarder sur la santé.
Un
service de prévention santé est
mis en place autour de 4 axes : les addictions, l'hygiène des enfants à l'école,
la prévention autour d'un public en insertion, des actions de prévention auprès
des services municipaux. Une action existe depuis 15 ans et s'est développée.
Elle s'adresse aux salariés de Oser et de Forêt vivante. L'objectif est
d'impliquer ce public dans une démarche de promotion de la santé, d'hygiène de
vie et d'intégration dans le système de soins. 2 infirmières assurent l'animation. Les risques
professionnels et domestiques sont abordés et l'accès à une mutuelle. La CPAM, les
Sapeurs Pompiers, Médecin, Psychologue etc....interviennent. «La
personne qui ne peut plus se soigner se dégrade, le bien-être personnel est
essentiel. Faire en sorte de donner sa chance à tous et considérer l'Homme dans
sa globalité.» déclare Monsieur Landier
Une
aide à l'acquisition d'une mutuelle.
Cette
aide est proposée aux personnes qui ont des revenus se situant au-dessus du
seuil qui permet d'obtenir « l'aide à la complémentaire santé » octroyée
par la CPAM, elle-même réservée aux personnes se trouvant juste au-dessus du
seuil de la CMU. Cela permet surtout de vérifier si les démarches sont effectuées
car il est constaté que bien des
personnes ignorent leur droit. Par conséquent, très peu sont éligibles à l'aide à l'acquisition
d'une mutuelle.
Monsieur
Autes rappelle que politiquement la santé ne dépend pas de la commune mais de
l'ARS (agence régionale de santé) Par contre, une commune ne peut pas occulter
ce problème santé chez ses citoyens.
15%
des ménages sont sous le seuil de pauvreté. Une étude du COMPAS déclare que
entre 2010 et 2011,les ménages les plus pauvres ont des revenus mensuels qui
baissent de 200€ et les ménages les plus riches ont des revenus en augmentation
de 700€
Sur
Rezé en 2009,on comptait 370 ménages aidés, en 2010 ,422 et en 2011,499.La précarité
augmente. M. Autes rappelle que la ville de Rezé n'est pas uniquement dans une
logique de dépannage, elle met en place des services épicerie sociale, service
prévention etc....; avec des professionnels du social chargés d 'accompagner
les personnes vers une certaine autonomie.
Un travail avec les mutuelles est en
projet. La santé mentale, les souffrances psychologiques et sociales sont
difficiles à appréhender. Il est nécessaire de travailler en réseau avec les
professionnels spécialisés dans la santé mentale et le problème des addictions.
« Des
initiatives sont à prendre sur le terrain ne pas tout attendre de l'état »
Question
Comment
se procurer le document explicatif du module santé vitalité? Au CCAS de Rezé
Des constats
Lorsqu'une
personne fait une demande de CMU à la Sécurité Sociale, la réponse est parfois
donnée au bout de 2 à 3 mois. Des problèmes administratifs sont souvent la
cause de difficultés pour aborder les soins médicaux nécessaires avec sérénité.
D'autre
part les permanences Sécurité Sociale à Saint Sébastien comme dans d'autres
endroits sont en diminution. Le service de proximité, le contact humain ne sont
plus prioritaires .
-
Monsieur Hazard nous trace un rapide tableau du Secours
populaire:
sur le plan départemental
1800
bénévoles, 6000 personnes aidées , 30 structures ,19 comités , des antennes.
A
Saint-Sébastien, 30 bénévoles s’activent pour répondre aux besoins :
- Aide
alimentaire
- Aide
vestimentaire
- Action
vacances
- Action
dans le monde
« Tout
ce qui est humain est nôtre »
Une
épicerie solidaire est mise en place avec aujourd'hui un choix alimentaire.
C'est la 3ème année de fonctionnement. La Ville apporte son soutien au niveau
des locaux mis à disposition, de la prise en charge des factures énergétiques, d'une
subvention annuelle.
L'approvisionnement
des produits frais se fait au MIN. Il existe une structure Secours populaire.
Des bénévoles trient les produits invendus et conservent 50% de ce qui est donné.
Les
conserves et le lait viennent de la centrale de collectage d'Aigrefeuille.
D'autres produits sont achetés
dans les grandes surfaces locales.
Les
sources de financement proviennent de la vente des vêtements, de diverses
activités, collectes, dons. Le budget est de 50000€.
En
général, 15€ de dépenses au secours populaire c'est = à 50€ dans une grande surface.
Pour
accéder au Secours populaire, les personnes passent par le CCAS ou le Conseil Général.
Ils sont aidés selon des barèmes
En
2007 :50 à 60 ménages sont aidés
En
2009 :88
En
2010 :97
En
2011 :111
Les
femmes seules avec enfants sont en augmentation. Etrangères 1/3 et Sébastiennaises
2/3
La
devise du Secours populaire "Je ne te demande pas ton origine, ta
croyance mais dis-moi quelle est ta souffrance?"
Questions
Il
manque un lieu d'accueil au Secours Populaire pour le respect de la confidentialité,
pour mieux écouter et sans doute pour mieux orienter les personnes vers
d'autres structures, d'autres compétences lorsque cela est nécessaire.
Plus
globalement, existe-t-il une coordination des actions?
A
Rezé et à Bouguenais, il existe une coordination au niveau du CCAS et un comité
de concertation pour la refonte des aides facultatives en lien avec le Conseil
Général à Bouguenais.
- Madame Bigeard nous confirme que face à l'évolution de la
population sur Bouguenais, dans le
cadre de la loi Dallo, du contingent préfectoral, de la population gens du voyage,
la précarité est en pleine évolution.
L'idée de créer le CESAM (centre d'échanges
solidaires d'aide municipale) s'inscrit dans la politique du CCAS. En 1993, un
nouveau projet d'action sociale autour de l'idée principale « Prendre
en compte les besoins élémentaires de tous » 1400 logements sociaux sont gérés
par le service logement
En
1994, un groupe de réflexion se penche sur l'aide alimentaire comme outil
d'insertion. En 1995, c’est le développement à partir d'une épicerie, des
actions individuelles et collectives contribuant au lien social et à la conquête
d'une meilleure autonomie des personnes avec une professionnelle du social, un
agent d'accueil, des locaux adaptés. En 2012, le budget de l'épicerie sociale
est de 76000€ hors frais du personnel.
Comment
se fait l'entrée au CESAM?
L'usager
fait une demande près du travailleur social du CCAS ou du Conseil Général (CMS. Le
dossier est transmis au CCAS, puis au Conseil d'administration qui décide de
l'attribution de l'aide alimentaire
selon des critères définis. En effet le CCAS de Bouguenais a fait le
choix de recruter des professionnels du Social. Une Assistante Sociale
accompagne les personnes de 25 à 60 ans qui sont seules sans enfant. Une autre
Assistante Sociale accueille les jeunes de 16 à 25 ans et travaille avec eux
l'aspect logement et insertion professionnelle en lien avec la mission locale.
Les familles avec enfants sont prises en charge par les Assistantes Sociales du
Conseil Général. Des fiches CASU sont complétées indiquant: l'identité, les ressources,
les dépenses et le rapport du travailleur Social développant le pourquoi d'une
demande alimentaire.
Tout
dossier passe par le CASU, la CESF, la responsable du CCAS, l'élue, la secrétaire
attribuent une ligne de crédit selon le reste à vivre, selon le quotient, pour
1 ou 2 mois. Si 3 mois sont nécessaires le point est fait avec le travailleur
social et la CESF du CESAM.
Avec
un chéquier personnalisé, les personnes peuvent venir au CESAM faire leur
course le mardi ou le jeudi tout la journée. Elles trouvent des produits classiques,
des légumes bios à prix réel. C'est un libre service avec des conseils
nutritionnels en plus.
Le
CESAM est un outil d'insertion sociale qui donne des
informations, des conseils sur la vie quotidienne (alimentation, budget, consommation,
démarches administratives.
Intervention
complémentaire aux services sociaux référents. Il existe une signature d'un
protocole avec le Conseil Général.
- Accueil
et lien social(pause café)
- Animations
collectives au sein de la structure (cuisine, sorties, infos) en partenariat
avec Maison pour Tous
Harmonie
et transversalité entre partenaires sont des points essentiels pour conduire
les personnes vers l'autonomie.
Les situations rencontrées:
Les
jeunes sans qualification et ou en rupture scolaire sont accompagnés par le
service d'aide à l'emploi
Les
personnes en précarité économique et professionnelle(licenciement,peu de
proposition de travail,manque de qualification)
Les
situations familiales complexes(séparations et familles recomposées)
Problèmes
de santé importants limitant l'insertion professionnelle( arrêt de maladie longue durée,reconnaissance
TH,invalidité,AAH)Les conditions de travail et le stress amplifient ces problèmes
de santé.
60%
des ménages concernés ont un reste à vivre inférieur à 5€ par jour et par
personne
42%
des ménages concernés sont allocataires du RSA
Les
familles monoparentales représentent 44%
Les
couples avec enfants 21%
Les
couples sans enfant 5%
Les
personnes seules 30%
En
2011,plus de 25% de ménages se
sont adressés au CESAM.
Le
CCAS de Bouguenais a la volonté de travailler avec tous les partenaires.
- Des bénévoles se sont exprimés sur
l'action de jardin'âge. C'est
une action portée par le Centre Socioculturel de l'Allée verte.
En Septembre
2008 le Conseil général constate que l'isolement des personnes âgées est
important. Différentes associations se sont retrouvées pour aborder cette problématique, d'un côté des personnes isolées ne pouvant plus s'occuper de leur jardin et de
l'autre côté des jardiniers en attente de jardin. Un projet écrit par le centre
a vu le jour. Cette action jardin'âge concerne les personnes de + de 60 ans, qui
ont une mobilité réduite ou handicap, qui possèdent un jardin mais avec
l'impossibilité de s'en occuper, ne pas se substituer aux enfants, ne pas venir
en concurrence avec les salariés, avoir un quotient familial inférieur à 1000€.
Suite
à un questionnaire:30 personnes sont en attente d'un jardin sur le secteur et
90 sur la Crapaudine
L'objectif
de cette action est de répondre aux besoins, de lutter contre l'isolement, de développer
la notion de solidarité, de prévenir la dépendance, de faire de l'éducation à
l'environnement et au développement durable.
En
2010,28 binômes fonctionnent, 42 accueillants sont contactés, 32 jardiniers. Les
rencontres sont régulières:40% de jardiniers vont tous les jours faire un
tour,d'autres vont une fois par semaine
93%sont
satisfaits de cet échange
C'est
une action pilote en phase d'expérimentation.
C'est
une action qui nécessite de travailler entre associations.
Une
personne qui assure le jardinage témoigne
Depuis
1 an elle fait le jardin d'un vieux monsieur. Elle y va 3 fois par semaine, elle
nettoie, défriche et cultive. Au départ la communication est difficile, puis
elle fait connaissance avec la fille du Monsieur et les petits enfants. Elle partage
les récoltes.
Ce
qui est important c'est la signature
d'une convention entre la personne qui jardine et l'accueillant.
Question
Comment
s'effectue la mise en œuvre de ce duo?
Par
une salariée animatrice à temps partiel qui est rattachée au centre
socioculturel de l'allée verte.
- Une personne bénévole du point café nous
indique que cette action est rattachée au Centre socioculturel de la Fontaine
Ce sont surtout des retraités qui ont besoin de rompre avec un certain
isolement qui se retrouvent le mardi et ou le jeudi après-midi de 14h30 à 17h
dans une salle de la rue de la Galtière. Ils discutent, organisent des sorties,
font des jeux de société, partagent un repas de temps en temps au centre de la
Fontaine. Ils sont 12 à 15 à venir assez régulièrement. Le café est à 30
centimes.
- Une personne du secours Catholique
nous informe que 1900 bénévoles
s'activent sur le département.
Les activités sont sensiblement les mêmes qu'au
Secours Populaire. Des lieux de convivialité sont mis en place avec la présence
de professionnels (Psychologue, Conseillère en économie sociale et familiale). Un
atelier couture permet de redonner une nouvelle vie à des vêtements. Les
demandeurs d'asile sont accueillis.
Les
bénévoles sont formés toute l'année, mais ne remplacent pas les professionnels.
Un partenariat existe. Le Secours Catholique développe un partenariat utile et
compétent.
- Au resto du Cœur de Saint Sébastien, 400 familles sont inscrites.
Elles viennent de différentes
villes. Beaucoup d'étrangers sont accueillis avec les difficultés de
communication à cause de langues différentes et de cultures différentes. Les bénévoles
sont formés.(SS,EDF,CAF,etc....)
Madame
Bigeard précise qu'un travail avec les partenaires associatifs, avec le Conseil
Général, la CAF, la Sécurité sociale etc est prioritaire. Il est nécessaire de
signer des conventions pour faciliter le travail et la continuité dans le
temps. Quand il y a des dysfonctionnements, ne pas hésiter à refaire le point.
A travers ces témoignages, les participants
constatent que :
Dans
les associations les bénévoles ont leur limite, ils travaillent en complémentarité
avec les professionnels.
A
Bouguenais comme à Rezé, le CCAS coordonne les actions. Face à l'augmentation
des besoins sociaux, la politique de ces villes est déterminée, des choix
municipaux s'effectuent.
Le
social est prioritaire. « Si nous donnons de l'argent, un accompagnement
est obligatoire». Les compétences, la formation reçue, rendent le professionnel
plus légitime dans cette fonction d'accompagnement qu'un bénévole qui est peut-être le voisin.
Mais
bénévoles et professionnels demeurent complémentaires.
Cap
à Gauche remercie les intervenants et le public. Cette matinée fut très riche
en informations, en échanges. Elle nous a permis de découvrir des actions
possibles, lorsque la politique de la ville est définie et que le social est
prioritaire. L'accompagnement des personnes en situation précaire est
primordial car seul, l'assistanat ne leur permet pas de retrouver une certaine
autonomie.
La transversalité et la coordination
des actions entre partenaires associatifs et institutions, entre bénévoles et
professionnels sont indispensables pour assurer une meilleure visibilité des
actions, une meilleure complémentarité, un soutien dans le plus grand respect
des personnes concernées.