vendredi 27 avril 2012

1er Mai, mobilisons nous


Pour reprendre la proposition de Jean-Claude LE FLOCH ,

Le C.A. de CAP à GAUCHE

Invite un maximum d’entre vous à se mobiliser le plus largement possible, lors du défilé du 1er mai et vous y donne rendez-vous.


Le rassemblement est prévu  
 à 10 Heures 30,
 place du Commerce.


Il n’y a ni bus ni tram, ce jour-là. 
  • pour un départ covoiturage, RDV à Grèneraie, à 10 heures 
  • et regroupement avec ceux qui s’y rendent à pied, à cheval ou à vélo : RU Ricordeau (près CHU côté parking), de 10 heures 15 à 10 Heures 30.

Dans ce contexte, ce 1er MAI doit être un moment fort de mobilisation


 Le CA de CAP à GAUCHE

« Agir contre la précarité »: un bon débat



 « Agir contre la précarité »
Compte rendu du débat public du 10 Mars 2012

les intervenants :
  • Monsieur Landier, adjoint à la Solidarité et au logement de la ville de Rezé. 
  • Monsieur Autes responsable du CCAS de Rezé, 
  • Madame Bigeard, adjointe à la solidarité et au logement de la ville de Bouguenais, 
  • Monsieur Hazard, responsable du Secours populaire de Saint Sébastien, 
  • des bénévoles du Secours Catholique, des Restos du Coeur, des actions Jardin'Age et du Point Café.
 
 
Un peu plus d’une trentaine de participants(es) sont présents.

Rappel des objectifs de l’association :
Participer à la vie de notre cité c'est à dire:
  • Etre à l'écoute des personnes qui nous entourent
  • Se saisir de leurs questions, de leurs préoccupations, de leurs aspirations,
  • Donner la parole aux citoyens,
  • Penser la ville aujourd'hui et demain
  • Informer, échanger, construire des projets, susciter l'envie d'être acteur au quotidien.
  • Pour Cap à Gauche faire de la politique c'est tout cela.

Des commissions sont organisées au sein de Cap à Gauche dont la commission « Vie sociale » qui a organisé le débat

 En introduction
A Saint -Sébastien comme partout la précarité est en augmentation. De plus en plus de familles monoparentales, de jeunes, des salariés pauvres, de retraités sont dans des situations sociales, psychologiques et financières difficiles.
Des villes, des associations mettent en place des actions pour répondre aux besoins vitaux des personnes en situation de précarité. La santé, les besoins alimentaires, rester acteur de sa vie et maintenir le lien social sont les  points abordés  à travers les différents témoignages.

  • Monsieur Landier, témoigne que la Ville et le CCAS de Rezé sont très engagés au niveau de la précarité. 
Il rappelle qu'il existe : une aide alimentaire, énergétique celle-ci étant de plus en plus sollicitée face à l'augmentation du gaz, de l'électricité et de l'eau. Il va s'attarder sur la santé.

           Un service de prévention santé est mis en place autour de 4 axes : les addictions, l'hygiène des enfants à l'école, la prévention autour d'un public en insertion, des actions de prévention auprès des services municipaux. Une action existe depuis 15 ans et s'est développée. Elle s'adresse aux salariés de Oser et de Forêt vivante. L'objectif est d'impliquer ce public dans une démarche de promotion de la santé, d'hygiène de vie et d'intégration dans le système de soins. 2 infirmières assurent l'animation. Les risques professionnels et domestiques sont abordés et l'accès à une mutuelle. La CPAM, les Sapeurs Pompiers, Médecin, Psychologue etc....interviennent. «La personne qui ne peut plus se soigner se dégrade, le bien-être personnel est essentiel. Faire en sorte de donner sa chance à tous et considérer l'Homme dans sa globalité.» déclare Monsieur Landier
             Une aide à l'acquisition d'une mutuelle.
Cette aide est proposée aux personnes qui ont des revenus se situant au-dessus du seuil qui permet d'obtenir « l'aide à la complémentaire santé » octroyée par la CPAM, elle-même réservée aux personnes se trouvant juste au-dessus du seuil de la CMU. Cela permet surtout de vérifier si les démarches sont effectuées car il est constaté que  bien des personnes ignorent leur droit. Par conséquent, très peu  sont éligibles à l'aide à l'acquisition d'une mutuelle.
Monsieur Autes rappelle que politiquement la santé ne dépend pas de la commune mais de l'ARS (agence régionale de santé) Par contre, une commune ne peut pas occulter ce problème santé chez ses citoyens.

15% des ménages sont sous le seuil de pauvreté. Une étude du COMPAS déclare que entre 2010 et 2011,les ménages les plus pauvres ont des revenus mensuels qui baissent de 200€ et les ménages les plus riches ont des revenus en augmentation de 700€
Sur Rezé en 2009,on comptait 370 ménages aidés, en 2010 ,422 et en 2011,499.La précarité augmente. M. Autes rappelle que la ville de Rezé n'est pas uniquement dans une logique de dépannage, elle met en place des services épicerie sociale, service prévention etc....; avec des professionnels du social chargés d 'accompagner les personnes vers une certaine autonomie.
Un travail avec les mutuelles est en projet. La santé mentale, les souffrances psychologiques et sociales sont difficiles à appréhender. Il est nécessaire de travailler en réseau avec les professionnels spécialisés dans la santé mentale et le problème des addictions.
« Des initiatives sont à prendre sur le terrain ne pas tout attendre de l'état »

Question
Comment se procurer le document explicatif du module santé vitalité? Au CCAS de Rezé
  
Des constats
 Lorsqu'une personne fait une demande de CMU à la Sécurité Sociale, la réponse est parfois donnée au bout de 2 à 3 mois. Des problèmes administratifs sont souvent la cause de difficultés pour aborder les soins médicaux nécessaires avec sérénité.
D'autre part les permanences Sécurité Sociale à Saint Sébastien comme dans d'autres endroits sont en diminution. Le service de proximité, le contact humain ne sont plus prioritaires .


  • Monsieur Hazard nous trace un rapide tableau du Secours populaire
sur le plan départemental
1800 bénévoles, 6000 personnes aidées , 30 structures ,19 comités , des antennes.
A Saint-Sébastien, 30 bénévoles s’activent pour répondre aux besoins :
  • Aide alimentaire
  • Aide vestimentaire
  • Action vacances
  • Action dans le monde
« Tout ce qui est humain est nôtre »
Une épicerie solidaire est mise en place avec aujourd'hui un choix alimentaire. C'est la 3ème année de fonctionnement. La Ville apporte son soutien au niveau des locaux mis à disposition, de la prise en charge des factures énergétiques, d'une subvention annuelle.
L'approvisionnement des produits frais se fait au MIN. Il existe une structure Secours populaire. Des bénévoles trient les produits invendus et conservent 50% de ce qui est donné.
Les conserves et le lait viennent de la centrale de collectage d'Aigrefeuille. D'autres  produits sont achetés dans les grandes surfaces locales.
Les sources de financement proviennent de la vente des vêtements, de diverses activités, collectes, dons. Le budget est de 50000€.
En général, 15€ de dépenses au secours populaire c'est = à 50€ dans une grande surface.

Pour accéder au Secours populaire, les personnes passent par le CCAS ou le Conseil Général. Ils sont aidés selon des barèmes
En 2007 :50 à 60 ménages sont aidés
En 2009 :88
En 2010 :97
En 2011  :111
Les femmes seules avec enfants sont en augmentation. Etrangères 1/3 et Sébastiennaises 2/3

La devise du Secours populaire "Je ne te demande pas ton origine, ta croyance mais dis-moi quelle est ta souffrance?"

Questions
Il manque un lieu d'accueil au Secours Populaire pour le respect de la confidentialité, pour mieux écouter et sans doute pour mieux orienter les personnes vers d'autres structures, d'autres compétences lorsque cela est nécessaire.
Plus globalement, existe-t-il une coordination des actions?
A Rezé et à Bouguenais, il existe une coordination au niveau du CCAS et un comité de concertation pour la refonte des aides facultatives en lien avec le Conseil Général à Bouguenais.


  • Madame Bigeard nous confirme que face à l'évolution de la population sur Bouguenais, dans le cadre de la loi Dallo, du contingent préfectoral, de la population gens du voyage, la précarité est en pleine évolution. 
L'idée de créer le CESAM (centre d'échanges solidaires d'aide municipale) s'inscrit dans la politique du CCAS. En 1993, un nouveau projet d'action sociale autour de l'idée principale « Prendre en compte les besoins élémentaires de tous » 1400 logements sociaux sont gérés par le service logement
En 1994, un groupe de réflexion se penche sur l'aide alimentaire comme outil d'insertion. En 1995, c’est le développement à partir d'une épicerie, des actions individuelles et collectives contribuant au lien social et à la conquête d'une meilleure autonomie des personnes avec une professionnelle du social, un agent d'accueil, des locaux adaptés. En 2012, le budget de l'épicerie sociale est de 76000€ hors frais du personnel.

Comment se fait l'entrée au CESAM?

L'usager fait une demande près du travailleur social du CCAS ou du Conseil Général (CMS. Le dossier est transmis au CCAS, puis au Conseil d'administration qui décide de l'attribution de l'aide alimentaire  selon des critères définis. En effet le CCAS de Bouguenais a fait le choix de recruter des professionnels du Social. Une Assistante Sociale accompagne les personnes de 25 à 60 ans qui sont seules sans enfant. Une autre Assistante Sociale accueille les jeunes de 16 à 25 ans et travaille avec eux l'aspect logement et insertion professionnelle en lien avec la mission locale. Les familles avec enfants sont prises en charge par les Assistantes Sociales du Conseil Général. Des fiches CASU sont complétées indiquant: l'identité, les ressources, les dépenses et le rapport du travailleur Social développant le pourquoi d'une demande alimentaire.
Tout dossier passe par le CASU, la CESF, la responsable du CCAS, l'élue, la secrétaire attribuent une ligne de crédit selon le reste à vivre, selon le quotient, pour 1 ou 2 mois. Si 3 mois sont nécessaires le point est fait avec le travailleur social et la CESF du CESAM.
Avec un chéquier personnalisé, les personnes peuvent venir au CESAM faire leur course le mardi ou le jeudi tout la journée. Elles trouvent des produits classiques, des légumes bios à prix réel. C'est un libre service avec des conseils nutritionnels en plus.

Le CESAM est un outil d'insertion sociale qui donne des informations, des conseils sur la vie quotidienne (alimentation, budget, consommation, démarches administratives.
Intervention complémentaire aux services sociaux référents. Il existe une signature d'un protocole avec le Conseil Général.
  • Accueil et lien social(pause café)
  • Animations collectives au sein de la structure (cuisine, sorties, infos) en partenariat avec Maison pour Tous
Harmonie et transversalité entre partenaires sont des points essentiels pour conduire les personnes vers l'autonomie.



Les situations rencontrées:

Les jeunes sans qualification et ou en rupture scolaire sont accompagnés par le service d'aide à l'emploi
Les personnes en précarité économique et professionnelle(licenciement,peu de proposition de travail,manque de qualification)
Les situations familiales complexes(séparations et familles recomposées)
Problèmes de santé importants limitant l'insertion professionnelle( arrêt de  maladie longue durée,reconnaissance TH,invalidité,AAH)Les conditions de travail et le stress amplifient ces problèmes de santé.
60% des ménages concernés ont un reste à vivre inférieur à 5€ par jour et par personne
42% des ménages concernés sont allocataires du RSA
Les familles monoparentales représentent 44%
Les couples avec enfants 21%
Les couples sans enfant 5%
Les personnes seules 30%
En 2011,plus de 25% de ménages  se sont adressés au CESAM.
Le CCAS de Bouguenais a la volonté de travailler avec tous les partenaires.

  • Des bénévoles se sont exprimés sur l'action de jardin'âge. C'est une action portée par le Centre Socioculturel de l'Allée verte.
En Septembre 2008 le Conseil général constate que l'isolement des personnes âgées est important. Différentes associations se sont retrouvées pour aborder cette problématique, d'un côté des personnes isolées ne pouvant plus s'occuper de leur jardin et de l'autre côté des jardiniers en attente de jardin. Un projet écrit par le centre a vu le jour. Cette action jardin'âge concerne les personnes de + de 60 ans, qui ont une mobilité réduite ou handicap, qui possèdent un jardin mais avec l'impossibilité de s'en occuper, ne pas se substituer aux enfants, ne pas venir en concurrence avec les salariés, avoir un quotient familial  inférieur à 1000€.

Suite à un questionnaire:30 personnes sont en attente d'un jardin sur le secteur et 90 sur la Crapaudine
L'objectif de cette action est de répondre aux besoins, de lutter contre l'isolement, de développer la notion de solidarité, de prévenir la dépendance, de faire de l'éducation à l'environnement et au développement durable.

En 2010,28 binômes fonctionnent, 42 accueillants sont contactés, 32 jardiniers. Les rencontres sont régulières:40% de jardiniers vont tous les jours faire un tour,d'autres vont une fois par semaine
93%sont satisfaits de cet échange
C'est une action pilote en phase d'expérimentation.
C'est une action qui nécessite de travailler entre associations.

Une personne qui assure le jardinage témoigne
Depuis 1 an elle fait le jardin d'un vieux monsieur. Elle y va 3 fois par semaine, elle nettoie, défriche et cultive. Au départ la communication est difficile, puis elle fait connaissance avec la fille du Monsieur et les petits enfants. Elle partage les récoltes.
Ce qui est important c'est la signature  d'une convention entre la personne qui jardine et l'accueillant.

Question
Comment s'effectue la mise en œuvre de ce duo?
Par une salariée animatrice à temps partiel qui est rattachée au centre socioculturel de l'allée verte.

  • Une personne bénévole du point café nous indique que cette action est rattachée au Centre socioculturel de la Fontaine 
Ce sont surtout des retraités qui ont besoin de rompre avec un certain isolement qui se retrouvent le mardi et ou le jeudi après-midi de 14h30 à 17h dans une salle de la rue de la Galtière. Ils discutent, organisent des sorties, font des jeux de société, partagent un repas de temps en temps au centre de la Fontaine. Ils sont 12 à 15 à venir assez régulièrement. Le café est à 30 centimes.


  • Une personne du secours Catholique nous informe que 1900 bénévoles s'activent sur le département. 
Les activités sont sensiblement les mêmes qu'au Secours Populaire. Des lieux de convivialité sont mis en place avec la présence de professionnels (Psychologue, Conseillère en économie sociale et familiale). Un atelier couture permet de redonner une nouvelle vie à des vêtements. Les demandeurs d'asile sont accueillis.
Les bénévoles sont formés toute l'année, mais ne remplacent pas les professionnels. Un partenariat existe. Le Secours Catholique développe un partenariat utile et compétent.


  • Au resto du Cœur de Saint Sébastien, 400 familles sont inscrites. 
Elles viennent de différentes villes. Beaucoup d'étrangers sont accueillis avec les difficultés de communication à cause de langues différentes et de cultures différentes. Les bénévoles sont formés.(SS,EDF,CAF,etc....)

Madame Bigeard précise qu'un travail avec les partenaires associatifs, avec le Conseil Général, la CAF, la Sécurité sociale etc est prioritaire. Il est nécessaire de signer des conventions pour faciliter le travail et la continuité dans le temps. Quand il y a des dysfonctionnements, ne pas hésiter à refaire le point.



A travers ces témoignages, les participants constatent que :

Dans les associations les bénévoles ont leur limite, ils travaillent en complémentarité avec les professionnels.
A Bouguenais comme à Rezé, le CCAS coordonne les actions. Face à l'augmentation des besoins sociaux, la politique de ces villes est déterminée, des choix municipaux s'effectuent.
Le social est prioritaire. « Si nous donnons de l'argent, un accompagnement est obligatoire». Les compétences, la formation reçue, rendent le professionnel plus légitime dans cette fonction d'accompagnement qu'un bénévole qui est  peut-être le voisin.
Mais bénévoles et professionnels demeurent complémentaires.

Cap à Gauche remercie les intervenants et le public. Cette matinée fut très riche en informations, en échanges. Elle nous a permis de découvrir des actions possibles, lorsque la politique de la ville est définie et que le social est prioritaire. L'accompagnement des personnes en situation précaire est primordial car seul, l'assistanat ne leur permet pas de retrouver une certaine autonomie.
La transversalité et la coordination des actions entre partenaires associatifs et institutions, entre bénévoles et professionnels sont indispensables pour assurer une meilleure visibilité des actions, une meilleure complémentarité, un soutien dans le plus grand respect des personnes concernées.